Toute épreuve est une “occasion donnée”.

Peu de nouvelles sur le blog récemment, nous avons eu au Vieux Moulin une fin d’année 2018 et un début d’année 2019 assez compliqué.
En effet, vers la mi décembre, Kaena est emmenée en urgence en clinique vétérinaire, une petite plaie en apparence inoffensive s’est transformée en quelques heures en une nécrose violente du muscle profond de l’épaule; la jument ne lève pratiquement plus l’antérieur, il faut réagir vite.

[ A l’heure actuelle nous ne savons toujours pas, et ne saurons certainement jamais avec certitude l’origine de sa blessure… Une ancienne morsure qui, suite à une petite récente, aurait dégénéré ? Un croc de sanglier ? ]

La vétérinaire lui a retiré 15 cm de muscle profond qui était nécrosé. Elle avait rarement vu cela.

Après quelques jours en clinique de soin pour stabiliser la plaie – désormais ouverte et très importante – Kaena est rentrée à la maison, quelques jours avant Noël. Nous avons alors attaqué un long et fastidieux processus de soin, deux fois par jour, dont le principe réside sur la cicatrisation par l’eau. En effet, ici, pas de point, la plaie doit cicatriser de l’intérieur. C’est assez impressionnant, les chairs sont à découvert, lorsqu’elle bouge on voit son muscle bouger.

Heureusement, la jument est une battante, une vraie. Elle ne se laisse pas abattre, a un très bon appétit et le moral. Les premiers temps, elle est isolée des autres, dans un petit parc longeant celui des garçons (car la proximité est primordiale), le temps qu’elle reprenne pleinement et qu’elle ne boite plus.

Deux fois par jour donc, il nous a fallu lui faire les soins suivants :

– Douche au jet d’eau de la plaie pour ramollir et empêcher une cicatrisation trop rapide

– Compresse de bétadine pour nettoyer et assécher légèrement

– Seringue de bétadine diluée à insérer dans un petit “trou” créé par la véto en dessous de la plaie et qui sert de drain. Pendant un mois nous avons du garder cela ouvert pour que la plaie évacue tout ce qu’elle avait à évacuer.

– Dans un premier temps crème cicatrisante, désormais je suis passée au Cothivet. Je passerai sous peu au Miel de Thym puis à l’argile à base d’EMA. (un article sera dédié à cela).

En parallèle je la complémente en Proferm pour retaper un peu sa flore intestinale après autant de médicaments ingérés…

Et oui ! Car dans les soins, nous y sommes encore. Cependant, ils sont réduits, si la plaie est encore là elle a drastiquement réduit et nous commençons à voir le début de la fin de la cicatrisation. Enfin !

Entre temps, nous avons remis Kaena avec les garçons, d’une part car la véto nous a donné le feu vert et puis parce qu’elle avait pris le droit elle même la nuit d’aller les voir, je crois que son troupeau et son copain Mega lui manquait trop…

Au bout de quelques jours seulement elle galopait librement sans plus aucune gêne apparente et quel soulagement !

Aujourd’hui, même si nous approchons de la fin, nous arrivons dans une étape un peu compliquée. La jument en a marre. Pendant les trois premières semaines des soins, elle n’a absolument rien dit, se laissant attraper en toute facilité et manipuler sans émettre la moindre protestation et elle aurait eu le droit au vu des soins qu’on pratiquait sur elle !

Mais voilà, maintenant ça commence à faire long et elle aimerait bien que ça s’arrête. Et nous donc ! Il faut désormais l’approcher avec cérémonie, avec une friandise, une carotte, lui parler, pour qu’on puisse lui mettre le licol. Une fois attrapée, plus de soucis, hormis un blocage à la sortie du parc (lol, au moment évidemment où d’une main je tiens la porte de la clôture, de l’autre la jument et où Mega et River s’invitent dans la danse !). Qu’à cela ne tienne, on change régulièrement le lieu des soins pour limiter son “ennui” et lui proposer des moments les plus “confortables” pour elle.

On touche au but, on le sait, mais il est vrai qu’il y a des moments où ça devient difficile; la jument ne se laisse pas approcher, les soins deviennent très compliqués et alors débute dans ma tête une valse de questions plus terrifiantes les unes que les autres : et si ça se dégradait maintenant, et si on arrivait plus du tout à lui faire les soins, et si, et si…
Fort heureusement, Kaena reste fidèle à elle même et fini toujours par capituler et nous laisser nous occuper d’elle. (quand j’arrive à reprendre mon calme, à l’écouter, à ne plus paniquer, à “nous” faire confiance,…).

De tout cela, je retiendrai son courage et sa gentillesse à toute épreuve, sa capacité à prendre sur elle, à comprendre les choses, à nous offrir sa confiance. Notre relation en sortira grandie c’est une certitude et bientôt on y repensera peut-être même avec le sourire…

Oui mais voilà, on aimerait bien y être nous, à ce moment là ! :-).

 

PS : Je n’ai volontairement pas mis de photo directe de la plaie car elle était vraiment impressionnante, au besoin je pourrais vous les montrer si vous le souhaitez.

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