Avoir ses chevaux chez soi

C’est un sujet qu’il me semblait important d’aborder avant toute chose.

Avoir ses chevaux chez soi c’est un rêve de gamine que nous sommes beaucoup à partager je pense. N’avoir qu’à sortir de chez soi, faire quelques pas pour se trouver auprès d’eux. Pouvoir aller les voir à toute heure, pouvoir éventuellement les monter chez soi, ne plus payer de pension, gérer soi-même la nourriture, les soins, pouvoir passer 10 minutes comme 2 heures avec eux sans avoir à sortir de chez soi, être simplement assis sur un tronc d’arbre à les observer, leur rendre visite au clair de lune en pleine nuit, apprendre de leur comportement, les découvrir vraiment…

Sur le papier, c’est le rêve. Et ça l’est. A qui sait reconnaitre également les inconvénients et les accepte pleinement.

Parce que oui, avoir un cheval, c’est toute ces belles choses. Mais c’est avant tout devoir subvenir à leurs besoins, à savoir leur offrir des conditions de vie qui leur correspondent : grand parc/pré, nourriture à volonté, vie en troupeau… C’est aussi devoir s’en occuper quelque soit le temps, tous les jours, que ce soit un jour férié, ou les vacances. Avoir la responsabilité pleine et entière de leur bien-être, sans intermédiaire, sans aide. C’est être seul face aux éventuels problèmes, blessures, maladies. C’est devoir faire leur parc soi-même, idéalement tous les jours pour leur maintenir un environnement sain. C’est faire les clôtures, et les vérifier régulièrement. C’est gérer soi-même la nourriture, programmer les livraisons, choisir de la qualité.

C’est avoir conscience que tout ce travail se fait en plus de votre emploi, de votre vie, de votre copain…

C’est parfois ne pas pouvoir les monter sur place, par manque d’installation.

C’est accepter le stress des premiers temps, c’est accepter de faire des erreurs, c’est être en mesure de se remettre en question, c’est savoir les observer, les écouter, et savoir s’adapter en fonction.

Certains cavaliers vous diront que c’est trop de contraintes, qu’ils préfèrent les avoir à l’écurie. D’autres vous diront que c’est un véritable paradis, que c’est peu de choses par rapport au bonheur du lien qui se crée.

Je suis personnellement dans le second cas, complètement épanouie par cette vie à leur côté. Mais c’est après m’être renseignée, avoir réfléchi de nombreux mois, avoir pesé le pour et le contre. C’est aussi parce que je vis avec une personne qui a accepté entièrement de partager ce quotidien, qui m’aide et qui se découvre une passion équestre comme moi. (parce que parfois, être une fille et devoir déplacer un matelas de 180 kg de foin… c’est un peu compliqué lol !)

Parce qu’il faut être honnête, seule, ça aurait été une autre défi…. que j’aurai très certainement relevé malgré tout, mais il faut avoir conscience de nos limites malgré l’amour que l’on peut avoir pour nos chevaux. Car ce n’est pas une honte de se dire préférer les avoir aux écuries.

Pour ma part, après presque 3 semaines de vie commune avec eux, je sais que j’ai encore tout à découvrir. Et que j’ai également déjà énormément appris. Mais pour rien au monde je ne reviendrai en arrière. Car ce plaisir de m’assoir sur un tronc d’arbre après les avoir nourri à simplement les observer, bercée par le doux bruit de leur repas, par le chant des oiseaux, apprendre d’eux en les observant, leur découvrir des habitudes, avoir le plaisir de les voir arriver vers nous au trot dès qu’on les appelle (alors que l’herbe verte est partout dans le parc), les entendre nous accueillir en hennissant (première fois ce soir), découvrir leur quotidien, leur mode de vie, l’équilibre de leur troupeau, observer leur évolution, ça et tellement plus encore….

Vraiment, ça n’a pas de prix.

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